LUNDI J’AI STARTUP AVEC ROLAND COUTURE

Lundi j’ai startup revient, après une pause estivale, avec une transformation active dès novembre : des jeunes engagés dans le dispositif Garantie Jeunes porté par la Mission Locale Jeunes Grand Avignon participeront une fois par mois à la conception des articles Lundi j’ai startup. Ils se rendront dans les locaux des startups, interrogeront le chef d’entreprise, prendront les photographies et rédigeront l’article à l’aide des outils digitaux et accompagnés par une personne de la French Tech Grande Provence. Cette invitation répond à l’un des engagements de la Mission Locale Jeunes Grand Avignon : découvrir l’entrepreneuriat, incarner l’entreprise, découvrir les métiers startups.

Dans l’attente de vous présenter ce nouveau format, nous sommes, ce lundi, avec Roland Couture, le fondateur de Prodeej !

Quel est ton parcours pour arriver jusqu’à Prodeej ?

Je suis ingénieur de formation. En sortant de l’école, j’ai fait une césure de trois ans, en me consacrant à la voile et à la course au large, j’ai navigué en course, en convoyage ou en croisière sur plusieurs mers et océans dans le monde, j’y ai connu des fortune de mer bien sûr. J’ai même fait de la chasse aux bateaux volés pour une compagnie d’assurance. J’ai alors pris conscience de l’importance d’agir et de réaliser ses idées et de ne pas s’en tenir au rêve ou à la théorie. C’est le propre pour moi de l’ entrepreneur Il a un besoin impérieux d’aller jusqu’au bout de son idée, prendre des risques, la réaliser, C’est Sa différence  avec le chercheur.

Plus tard, je me suis rangé des voitures et je suis rentré dans le conseil en tant que consultant d’abord en système d’information, notamment chez Capgemini, puis consultant en stratégie pour des grands groupes. Ce qui m’a séduit, ce qui me plaisait, c’était de travailler à la modernisation des structures ou des organisations, de concevoir de nouvelles stratégies ou de nouvelles offres de produits ou services à succès et de découvrir sans cesse de nouveaux métiers et de nouveaux enjeux. J’ai ainsi parcouru de très nombreux secteurs et assisté aux mutations entre 1990 et 2000 de chacun d’eux. J’ai alors eu envie de mettre tout ça par écrit dans un livre : Croissance, crises et mutations économiques  dont Christian de Boissieu m’a fait l’amitié de rédiger la préface (mars 2011, Ed. L’Harmattan).

J’ai découvert le métier d’écrivain et celui de l’éditeur. Quand tu es écrivain, tu as envie de discuter avec tes lecteurs. L’éditeur qui a pris le risque d’investir dans un livre est lui aussi dans la même situation. En tant que lecteur quand j’ai aimé un livre, je ne veux pas en rester là, j’ai envie de tout savoir sur le sujet traité, sur l’auteur, sur ce qu’il a écrit d’autre et j’ai surtout envie d’en parler autour de moi pour retrouver en le partageant le plaisir que j’ai eu à découvrir son contenu.

Très peu de lecteurs, d’auteurs et d’éditeurs se rencontrent. Et pourtant quand on voit la réussite de librairies comme Mollat à Bordeaux et Decitre à Lyon qui ont bâti leur succès sur la rencontre des écrivains avec leur public, on comprend la prégnance de ce besoin. Et c’est pareil pour la musique, le cinéma, le théâtre, les œuvres d’arts, etc. C’est de ce constat qu’est né Prodeej et aussi d’une rencontre à l’occasion d’une conférence avec mon 1er associé, Stephane Bordas, spécialiste des Serious games et des jeux en lignes avec lequel j’ai mis au point notre projet de plateforme.

Comment tu définirais ta solution ?

Prodeej s’adresse aux amateurs de lecture, de culture et plus généralement à tous ceux qui souhaitent capitaliser des connaissances quel que soit le support, texte, image, vidéo, musique, podcast, etc.  Elle permet à chacun, auteurs, éditeurs et consommateurs de contenus de créer des univers culturels multimédia sur les thèmes de son choix et de les ouvrir à la contribution d’autres participants. Tous ces univers ont comme pivot d’articulation les ouvrages auxquels se réfèrent leurs créateurs. Il est ainsi possible de naviguer d’un univers à l’autre et d’un sujet à l’autre, à travers les œuvres des auteurs et les univers de pensée de ceux qui les lisent. Notre bibliothèque compte près de 3 millions de titres, de l’ouvrage technique à la BD en passant par tous les genres littéraires. Elle est actualisée quotidiennement. 

Depuis sa mise en ligne en version d’essai, notre plateforme a très vite intéressé des artistes, peintres et musiciens, des comédiens, des cinéastes, des enseignants et formateurs, en plus, des écrivains, des maisons d’édition et des passionnés. Avec Prodeej nous ouvrons la porte du monde nouveau, encore quasiment vierge d’innovation et de services à valeur ajoutée celui de la culture et du numérique. 

J’ai la conviction que la convergence de l’écrit, de l’audiovisuel et de l’interactivité va révolutionner nos pratiques culturelles et j’ai l’ambition que Prodeej en soit une partie prenante.

Comment tu as choisi le nom ?

Ça a été la galère pour trouver un nom. Au début ça devait s’appeler Dune mais dune.com était déjà pris. Nous nous sommes creusés la tête de longs mois pour en trouver un « .com » disponible.  Ma compagne m’a alors soufflé « Prodige » qui est devenu Prodeej car prodige.com était déjà pris bien sûr.

Où en est le projet actuellement ?

En avril 2021 nous avons mis en ligne un prototype « brut de fonderie ». Après retours des utilisateurs grâce à une enquête faite par Wolfox, nous sommes en train de travailler sur l’UX et l’UI Design et transformer notre prototype en V1. Nous  travaillons actuellement avec des développeurs indépendants pour avoir plus de souplesse sur la mise en œuvre de la V1 et nous les cherchons via des plateformes ou les réseaux sociaux.

Nous sommes 3 dirigeants dont moi à temps plein : Mike Llewellyn, CTO, un sujet britannique, spécialiste des startups, arrivé en mars 2020, Christine Jay, chargée de marketing et spécialisée en Media, arrivée en 2017. Nous en sommes au point où Prodeej a besoin d’un associé de plus, un responsable opérationnel capable d’investir le temps nécessaire pour coordonner notre déploiement sur le marché.

Comment le projet a-t-il été financé ?

J’ai apporté des fonds propres, nous avons réuni des fonds d’amorçage sous la forme d’un prêt d’honneur, de love money et d’une subvention de la Région Sud. Nous avons rencontré, jusque là, beaucoup de difficulté à lever des fonds. Il ne faut pas rêver, nous sommes bien loin en France des investisseurs américains capables de se mobiliser des années durant sur une idée. Paradoxalement dans le pays de l’exception culturelle, la culture est le parent pauvre de l’investissement dans l’innovation.

Nous donnons chaque jours gratuitement des milliards de photos, de vidéo et d’informations sur nos goûts et nos pensée à des GAFA et des BATX qui en savent plus sur nous que nos proches les plus proches. Nous sommes parfaitement conscients que la data est la clé de leur incroyable succès. Et nous leur achetons en retour de ces dons généreux,  des livres, des films et des musiques dont beaucoup même sont fabriqués chez nous.  Et nonobstant cela l’investissement dans les plateformes BtoC et dans la transition numérique de la culture reste le parent pauvre en France. Il y a une vraie bévue ou peut-être un excès de frilosité des investisseurs français dans ce qui fait encore, mais pour combien de temps, l’image de la France à l’étranger.

Prodeej existe grâce au soutien des pouvoirs publics nationaux et locaux, d’actionnaires individuels et d’acteurs éclairés du monde de l’édition comme Actes-Sud et l’Harmattan qui croient dans l’idée et ont tout suite soutenu Prodeej sous forme de subvention, d’investissement au capital ou de contrat de distribution. Nous ne sommes qu’au début d’une révolution qui s’engage. Désormais la « guerre de l’attention » fait rage entre tous les diffuseurs de contenus quelle que soit le media. Les pratiques de consommation culturelle et les attentes évoluent fortement. L’accès au savoir est désormais au bout d’un clic et les utilisateurs ne se contentent plus d’être des récepteurs passifs, ils veulent participer au banquet.

Quels conseils donnerais-tu à un jeune entrepreneur ?

Je leur dirais plusieurs choses :

D’abord ces deux phrases de Steeve Job que j’ai toujours en tête :

– la différence entre un entrepreneur qui réussit et les autres c’est la persévérance

– seuls ceux qui pensent qu’ils peuvent changer le monde y parviennent.

Je lui dirai aussi qu’il faut qu’il pense tout de suite à transformer très vite son idée en chiffre d’affaires pour acquérir la crédibilité qui lui permettra de lever des financements. Et puis pour finir il faut aussi qu’il ait en tête qu’au fond, réussir avec une entreprise c’est comme remonter contre le vent à la voile : 2 fois plus de chemin que prévu, 3 fois plus de temps et 4 fois plus de peine.

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