LUNDI J’AI STARTUP AVEC JULIEN LAZ

Aujourd’hui, nous prenons la route avec un entrepreneur qui a réussi et qui met ses compétences au service des autres entrepreneurs !

Pourrais-tu expliquer ton parcours depuis tes études jusqu’à ta première entreprise ?

J’ai passé mon bac en Normandie à 16 ans et j’ai intégré une prépa scientifique avant d’entrer à Centrale à Lyon. En parallèle, la deuxième année, j’ai obtenu un Deug Science Eco et en 3ème année, à Centrale à Paris, un DEA en Génie Industriel à 20 ans.

J’ai commencé mon premier travail en tant qu’auditeur financier durant un an, puis 2 ans chez Pricewaterhouse, un cabinet anglo-saxon de conseil en organisation. Ensuite, je suis parti chez Bouygues Telecom où j’ai travaillé sur le business plan pendant un an, et enfin un an dans une startup qui compressait des sons polyphoniques pour les mobiles avant qu’elle ne soit rachetée par les japonais. Et là, j’ai arrêté de travailler pendant un an, je suis parti en Asie avec mon sac-à-dos !

En rentrant, j’ai travaillé un an au marketing dans une entreprise où j’ai vécu la pire expérience de ma vie de salarié avec une supérieure. Finalement je la remercie, parce qu’elle m’a donné le courage de quitter le salariat et de me lancer dans l’entrepreneuriat !

Et c’est à ce moment que tu crées Cityzeum, c’est ça ?

C’est le voyage pendant un an qui m’a donné l’idée et la dernière expérience de salarié qui m’a lancé dans l’entrepreneuriat du numérique. J’ai démarré le projet tout seul en 2006, et l’équipe s’est étoffée de 10 personnes en interne et 10 intervenants externes. Cityzeum est un infomédia basé sur des valeurs qui sont importantes pour moi : la plateforme n’ubérise personne. Elle fonctionne grâce à un mix de publicités, de contenus publi-rédactionnels et de licences de datas anonymisées fournies aux tours opérateurs et aux géants du secteur du tourisme. Elle s’appuie sur le référencement naturel et cumule 100 millions de visites. Elle fonctionne quasiment en autonomie aujourd’hui et j’en détiens 2/3 des parts. Nous faisons appel aujourd’hui à 10 personnes extérieures pour la faire tourner.

Chaque année, nous lançons un concept, un sous-site. Par exemple, nous avons lancé Hôtels Privés, un portail de réservation d’hôtels sans commission, un modèle vertueux qui n’a pas fonctionné parce que nous étions trop petits. Nous aurions dû faire une levée de fonds et d’autres projets sont allés plus vite que nous ( ex la startup de Begbeider rachetée par Le Bon Coin). Nous avons un projet, dans les cartons, basé sur l’IA, parce que sur le marché du tourisme, il n’y a pas, contrairement dans d’autres filières, de gros acteurs d’infomédiations, capables de mieux répondre aux questions des voyageurs. Nous avons évalué son financement à 5 millions d’euros. Le voyage en ligne est une question de business d’audience et pour réussir, il faut de l’audience.

La plateforme a fait l’objet de plusieurs offres d’achat. Et chaque fois, nous avons dit non. L’une d’elle s’est montée à 6 millions d’euros et nous n’y sommes pas allés non plus, à cause d’une clause qu’on a trouvée bloquante dans le contrat de rachat. Erreur de jeunesse, il se pourrait que la startup en ait quelques regrets aujourd’hui !

Tu étais à Paris à ce moment-là, pourquoi t’installer à Avignon ?

J’ai suivi ma femme qui a trouvé un travail à Avignon en 2015. J’ai toujours travaillé à distance, entre Paris et la Suisse, parce que lorsqu’on travaille sur le net, on peut travailler n’importe où. J’ai créé une app mobile avec une balade en audioguide pour Avignon, au sein du Living Lab de la Culture Tech. Jean-François Cesarini m’a présenté Alexandre Bameule qui avait créé une plateforme en ligne de location pour découvrir la Provence à vélo et il avait lancé une app mobile d’audioguides des villes. On s’est rencontrés et on a décidé de travailler ensemble.

Nous avons créé une plateforme Provence Pass qui n’a pas été forcément soutenue par les pouvoirs en place. Nous avons cherché d’autres concepts tout en ayant le désir de mettre nos compétences et nos moyens financiers au service d’autres entrepreneurs.

Donc Rue24 naît de ta rencontre avec Alexandre Bameule ?

Pas tout à fait ! Je l’avais créé tout seul et nous avons commencé ensemble avec l’idée d’accompagner les CEO en tant que Co-CEO. Au final, sur l’ensemble des projets ces dernières années, Rue24 et ses fondateurs ont investi plus de 1,5 M€ dans l’innovation et nous détenons des parts dans 8 entreprises dont VGD, DTS, FindCustomer et la toute dernière Hatlas Travel créée par un étudiant.

Nous venons d’étoffer l’offre de Rue24 pour booster l’innovation sur notre territoire :

  • un portail de 13h de vidéos, d’accès gratuit en ce moment, une Académie dédiée aux entrepreneurs qui commencent à rencontrer des difficultés. Les vidéos les aident dans le financement, le développement commercial, le marketing, etc.
  • une offre de micro-coaching de deux à trois heures pour résoudre les problèmes d’un entrepreneur en one to one.
  • l’accélération avec des prises de parts dans le capital et notre présence en tant qu’associés actifs
  • un startup studio pour nos propres projets ou ceux des entreprises matures.

Depuis que tu es installé à Avignon, tu as noté des changements dans l’économie numérique ?

En effet, il y a une nette accélération du nombre de projets innovants et des startups. Toutefois, j’ai noté qu’il manque un lien entre les grands acteurs que sont les PME et les ETI avec l’innovation et le territoire. Il n’y a pas ici d’open innovation comme on peut en trouver dans les métropoles, peut-être parce que nous sommes en-deçà d’une taille critique. Il faudrait que les entrepreneurs qui ont réussi s’investissent davantage dans la dynamique de leur territoire, qui soient acteurs de la croissance du digital. Il manque également des centres de formation qui puissent répondre aux besoins des entreprises innovantes. Et enfin, je pense qu’il manque une intelligence collective entre tous les acteurs de l’innovation sur notre territoire afin que ce dernier en bénéficie économiquement et socialement.

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