PORTRAIT DU LUNDI : EMMANUELLE SZERER

Commençons la semaine avec Emmanuelle Szerer, la fondatrice d’Almé et membre du Conseil d’Administration de la French Tech Grande Provence ! En pleine levée de fonds, avec un chiffre d’affaires qui a augmenté de 900% en avril, L’e-shop propose plus que des vêtements ! C’est tout un engagement, un manifeste qui célèbre toutes les femmes et vise à réparer une injustice : créer des lignes de vêtements accessibles et chics pour toutes les femmes quelles que soient leur courbe.

Emmanuelle Szerer

Quels chemins as-tu empruntés pour arriver à la création d’Almé Paris ?

J’ai passé mon baccalauréat sur Avignon et intégré une prépa HEC à Paris durant 2 ans, puis Kedge à Marseille. J’ai effectué un an d’échange dans une université américaine et durant un boulot étudiant, j’ai découvert l’univers des bookers de la finance : j’ai adoré ! J’ai terminé mon master à Marseille et j’ai rejoint une salle de marché à la BNP sur les produits structurés dans les devises et les métaux précieux pendant 5 ans.

Ma première fille est née et j’ai pris un an de congé. J’ai réfléchi à ce qui était important pour moi, j’étais en quête de sens, prête à quitter le confort d’un travail bien rémunéré pour l’aventure de l’entrepreneuriat. J’avais toujours rêvé de faire un travail dans le textile, et mes parents qui sont dans le métier me l’avaient fortement déconseillé. Je les ai suppliés de me former au sein de leur entreprise. À la naissance de ma deuxième fille, j’ai pris 25 kg, je suis passée d’un 38 au 46. Et pour moi qui aime m’habiller tendance, c’est la claque. Pour les femmes rondes, le choix est restreint, s’habiller, c’est la croix et la bannière.

L’idée d’Almé est venue à ce moment-là : créer un ligne de vêtements qui permette aux femmes aux courbes généreuses de se sentir bien dans leur corps et valorisées. Je voulais créer une mode inclusive, celle qui n’oublie personne.

J’ai continué à jongler entre deux boulots : celui de l’entreprise familiale en journée et Almé le soir avec Larry. Le passage dans l’entreprise familiale a été la deuxième école où j’ai tout appris. J’éprouve beaucoup de gratitude : ça n’a pas de prix ce que j’ai appris de mon père et de ses collaborateurs. Il y a des personnes qui m’ont énormément inspirée.

Almé Paris est enregistrée à Nîmes et pas à Paris, pour quelles raisons ?

J’ai été super bien accueillie par la Région Occitanie. Elle est hyper dynamique pour accompagner les entreprises. Nous avons été incubés au BIC de Nîmes avec Carole Marchand et j’ai rencontré Cécile Clément à Montpellier. Elles se sont démenées pour nous aider. J’ai retrouvé dans l’incubateur l’émulation que j’avais connue dans la salle des marchés financiers. Pour moi, chapeau bas à la Région Occitanie et au BIC !

Combien de personnes collaborent chez Almé actuellement ?

Nous sommes 12 ! Trois associés, Larry, Thierry Gosselin et moi. Nous avons au Département Style une développeuse, une styliste modéliste, une personne au design graphique et à la direction artistique, une community manager, une personne qui se consacre au contenu de marque, deux personnes au service clients, une personne à l’administration et une personne pour la partie vidéo.

almé équipe et collection

Tu as choisi une vente uniquement en ligne. Peux-tu expliquer ce choix ?

Les femmes qui portent des vêtements de grande taille ont l’habitude d’acheter en ligne. Il n’y a quasiment pas d’offre dans les magasins. L’autre raison et que nous sommes plus agiles dans le digital. Nous ouvrons un corner store au printemps à Marseille après celui des Galeries Lafayette. Chaque année, nous essayons d’en ouvrir un et de changer de lieu. Ce qui m’intéresse c’est l’expérientiel dans le fit. Mais clairement, c’est la vente en ligne qui prédomine.

Où en es-tu avec les levées de fonds ?

Elle vient de s’accélérer ! Parce que nous avons ajouté une brique au business avec les pré-commandes. On ne porte quasiment pas de stock. Les trois premières semaines, les produits sont en pré-commandes et pendant une semaine nous pouvons observer ce qui se passe.

La levée de fonds demande beaucoup d’énergie et de résilience. Pas mal de qualité et d’efficacité. Pour garder le cap, je m’interdis de penser : je suis une nana, ça va être plus dur. Je me pense plutôt comme un chat : on me ferme la porte ? Je rentre par la fenêtre. Il y a eu des moments difficiles et nous essayons de valoriser le chemin parcouru car nous avons appris.

Actuellement, nous sommes sur la piste finale de la levée avec 4 à 5 visios par jour. Nous gardons confiance parce que nous sommes sur un business qui n’est pas tout à fait sur la tech. Notre activité intéresse les investisseurs qui ont un coup de cœur pour notre démarche, pour l’équipe et les valeurs que portent nos produits.

Quelles sont les prochaines étapes pour Almé ?

Nous tâchons de poursuivre la croissance. Je veux aller plus loin avec une offre qui réconcilie les femmes avec leur corps. Et créer un lien plus fort avec la communauté d’Almé. Nous sommes avec des personnes qui sont parfois en souffrance et je veux contribuer à ce qu’elles se sentent mieux. Nous allons augmenter les partenariats avec d’autres marques dont on partage les valeurs, et mettre à l’honneur plus de femmes habituellement invisibles.

As-tu trouvé ce dont tu avais besoin dans l’écosystème ici ?

Oui ! Ce n’est pas un frein de travailler à Villeneuve-les-Avignon. J’ai gagné en qualité de vie. Je peux me focaliser sur l’essentiel. Et c’est toujours facile de rencontrer les personnes qui sont à Paris.

Quels conseils donnerais-tu à une jeune entrepreneuse ?

J’ai décidé de prendre le temps de faire du sport, de prendre soin de moi, de ma famille. Je pars 3 jours pour faire du yoga dans le Vercors par exemple. L’entrepreneuriat est un marathon, pas un sprint ! Il faut donc ménager sa monture. Voilà le conseil que je peux donner !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Retour haut de page